Marie Rouge – Fotógrafa

Con ocasión del Día Internacional de los Derechos de las Mujeres, el Institut Français acogió la fotógrafa Marie Rouge que nos presentó su exposición “8 de marzo para todas”.

 

 

Eric Cihigoyenetche: Bonjour à toutes et à tous, aujourd’hui nous recevons la photographe Marie Rouge dans le cadre de l’exposition de photos dont elle est l’auteur et qui sera visible à l’Institut Français d’Espagne à Saragosse du 07 mars au 29 mars. Bonjour Marie, et bienvenue à l’Institut Français, peux-tu nous expliquer ton parcours?

Marie Rouge: Bonjour, j’ai fait un apprentissage au sein de la réunion des musées nationaux, qui appartient au Ministère de la Culture, pendant 3 ans j’ai scanné des photos argentiques d’oeuvre d’art donc ça m’a permis d’apprendre un peu à retoucher d’une manière plus délicate et à prendre conscience vraiment des couleurs et faire ça d’une manière assez fine, après j’ai travaillé comme photographe au musée de l’armée pendant 6 mois, donc je retouchais et je photographiais des oeuvres d’art et des, pleins d’objets qui appartiennent au monde de l’armée donc des uniformes, des épées, pleins de choses comme ça c’était assez amusant. Après en parallèle j’ai fait aussi des photos de soirée, je me suis fait un peu connaître dans ce milieu là, parce que en fait c’est dans les soirées LGBT que j’ai essentiellement travaillé et après j’ai fait beaucoup de portraits en fait, c’est vraiment quelque chose qui me passionne donc j’ai touché un peu à tout, à la fois au portrait et au reportage.

EC: Et justement, tu parlais des soirées, est-ce que ça a été une forme d’apprentissage pour toi, une sorte d’école ou là tu savais déjà où tu voulais aller, tu avais déjà ta technique, ton style peut-être déjà à ce moment là?

MR: Non, non, c’est vraiment un bonne manière de se former parce qu’en fait on doit travailler dans des conditions qui sont un peu rudes, déjà y a beaucoup de monde, il fait vraiment sombre, donc on doit vraiment travailler et être assez rapides et bien capter les lumières ce qui est quand même un atout pour un photographe en fait, c’est la base en fait, c’est ça donc c’est vraiment, j’ai commencé par le plus compliqué parce que je travaillais sans flash, donc c’était vraiment un travail où, ouais je devais vraiment bien regarder la lumière et voilà…

EC: Et t’adapter finalement

MR: Exactement

EC: Et justement, tu parles de lumière maintenant et la mise en lumière dans tes portraits surtout est très importante, est-ce que tu la travailles plutôt en amont, plutôt à posteriori? Ça dépend peut-être?

MR: A priori on doit déjà, enfin moi je pars du principe qu’on doit déjà faire une bonne image sans avoir besoin de trop la travailler ensuite donc j’essaye oui à priori de bien caler mes lumières et de faire la plus jolie lumière qui soit et après la post production bien sûr va m’aider à ajouter des couleurs qui par exemple n’existent pas forcément et à rehausser le contraste etc mais, non à priori je préfère travailler à la base dans mes lumières et

EC: Et tu as déjà peut-être une idée à ce moment là quand tu fais une image, des tonalités par exemple que tu vas retoucher entre guillemet, des… parce qu’il y a quand même un ensemble de tonalités très fortes dans tes portraits, des échos de couleurs qui se reflètent etc et c’est très bien construit donc je sais pas si c’est…

MR: En fait ça dépend des fois parce que parfois j’ai des fonds colorés qui existent vraiment donc avec du papier et parfois même très régulièrement j’utilise vraiment photoshop pour recréer des fonds en dégradé parce que c’est beaucoup plus compliqué à obtenir ce genre de fonds dans la vraie vie et donc, ça dépend des fois, parfois oui, les couleurs sont déjà existantes et parfois je viens carrément les ajouter et après je joue, je sais pas je travaille un peu à l’inspiration, j’ai pas vraiment de plan en tête.

EC: Revenons un peu en arrière, comment est-ce que tu en es venue à la photographie, c’est une passion qui remonte à loin?

MR: Oui quand même un peu, j’ai commencé quand j’avais peut-être 14-15 ans, j’habitais à la campagne et du coup j’ai emprunté l’appareil photo de mon père et je me suis amusé avec en fait, au début, je faisais des petites mises en scène, je photographiais la campagne, je me photographiais aussi beaucoup moi-même et c’est quelque chose qui m’a aidé un peu à prendre confiance en moi, je trouve que c’est bien quand on est adolescent, on le voit actuellement avec les selfies, les adolescents ils en font énormément et je pense que c’est quelque chose qui peut vraiment aider à apprivoiser son image, à comprendre ce qu’on voit et à prendre confiance en soi.

EC: Alors, qu’est-ce que tu recherches actuellement au moment où tu vas faire une photo, est-ce que tu as quelque chose déjà, est-ce que tu recherches quelque chose de précis ou tu te laisse guider par un certain instinct, ça marche comment? C’est difficile à expliquer peut-être?

MR: Bin ça dépend du domaine, si je fais des photos de reportage pures et dures, là j’essaie de coller au réel et j’essaye de, le plus important dans ces cas là, c’est plutôt la composition et bien sûr la personne qu’on photographie, la photographier au bon moment, quand elle a une expression forte et oui, vraiment avoir une belle composition donc que la personne vraiment s’incarne dans l’image d’une manière un peu évidente avec les lignes, par contre en portrait, non, c’est différent, la priorité dans le portrait c’est, c’est compliqué…

EC: Ouais, ça dépend de la personne que tu vas photographer peut-être aussi?

MR: Ouais, c’est ça, y a beaucoup de gestion du modèle en fait, il faut vraiment réussir à mettre la personne à l’aise en fait en face de soi, parce que moi je travaille pas vraiment avec des mannequins ou des gens qui font ça professionnellement, donc y a vraiment un gros travail pour…

EC: Et justement ces gens là que tu photographies, c’est des gens qui viennent de quel milieu, des amis à toi peut-être en général?

MR: Oui souvent c’est des amis, des connaissances, des gens que je croise en soirée, des amis d’amis, c’est plutôt des visages qui m’interpellent

EC: Alors, on va parler de l’exposition, donc ces photos sont un reportage qui a été commandé par Libération, c’est un reportage de la journée du 06 mars 2016, est-ce que tu peux nous parler de cette journée, de cette manifestation?

MR: Alors en fait, cette manifestation elle est à l’initiative d’un collectif qui s’appelle le collectif du 8 mars pour toutes, c’est une marche qui a été créée un peu en opposition avec la marche officielle qui se déroule le 8 mars, donc elle est organisée quelques jours avant et en fait c’est une marche qui vise à être un peu plus inclusive que finalement la marche officielle par rapport à différentes personnes, par rapport aux personnes transgenres mais aussi aux travailleurs et travailleuses du sexe qui sont par forcément… et les femmes voilées sont les bienvenues dans cette marche, les afro-féministes enfin y a beaucoup de personnes qui finalement étaient un peu exclues à la base de la marche officielle et qui se sont rassemblées.

EC: Qui ont monté une contre manifestation

MR: Oui, c’est un peu ça, oui c’est ça.

EC: Tu continues à travailler un peu avec Libération ces temps ci sur certains sujets?

MR: Ouais, j’ai l’habitude maintenant, je fais pas mal de sujets qui tournent beaucoup autour des minorités, donc plutôt des sujets féministes ou dans les milieux LGBT ou avec… non en fait c’est ça…

EC: Oui d’accord, très bien. Pour terminer est-ce que tu peux nous parler de tes futurs projets?

MR: Whaou, grosse question, j’ai pas de sujet à proprement parler, j’ai toujours en tête de faire un reportage au long court, mais je sais pas encore sur quoi, mais c’est quelque chose qui me, enfin qui m’intrigue, que j’aimerais vraiment mettre en place à un moment donné, il faut juste que je trouve mon sujet parce que pour un sujet au long court il faut vraiment trouver quelque chose qui nous tient très très à coeur et auquel on peut vraiment s’accrocher et, ça je l’ai pas encore mais je cherche, donc je vais voyager là pour l’instant, je partirai un mois au Japon donc peut-être que là bas je trouverai de quoi m’inspirer, on verra

EC: Je te le souhaite, merci beaucoup Marie, ça a été un plaisir de discuter avec toi et je te souhaite une excellente continuation et je rappelle aux gens qu’il faut venir voir ton exposition ici jusqu’au 29 mars, merci beaucoup Marie.

MR: Merci.